Hôpital Tambacounda

L’hôpital Tambacounda est l’unique hôpital dans une région très vaste du Sénégal oriental. Il dessert les 80 000 habitants de la ville de Tambacounda – déclarée la métropole la plus chaude de la planète – et plus d’un million de personnes de la région environnante et du Mali, dont la frontière est à environ une heure et demie. L’hôpital dispose de 150 lits et soigne environ 9000 patients par an, le plus souvent pour la malaria et les infections respiratoires. Tambacounda étant un carrefour de grands axes routiers internationaux, dans un pays où les routes sont en mauvais état et souvent dangereuses, les urgences de l’hôpital reçoivent, chaque mois, quelque 300 victimes d’accidents de voiture. L’hôpital héberge également les patients qui ont besoin de soins médicaux non disponibles dans de plus petites cliniques de la région, y compris celles soutenues par Le Korsa dans les villages de Sinthian et Fass.

Lors de son premier voyage au Sénégal en 2004, Nick Weber a accompagné le Dr Gilles Degois à l’hôpital, où il allait livrer un approvisionnement de sang absolument vital en provenance de Paris. Nick Weber a été choqué par les conditions lamentables de cet hôpital, où les médecins et infirmières dévoués et travaillant durement ont souligné un manque d’équipement. La seule table d’opération était cassée, et une salle réservée à la chirurgie n’avait aucune surface de travail, la table destinée à l’hôpital ayant été volée lors du transport. Un incubateur essentiel à la survie des bébés prématurés était composé de trois ampoules nues pendant sur une étagère en acier provenant d’un réfrigérateur jeté. Espérant obtenir des soins, une foule de patients, allant de nouveau-nés à des personnes âgées, attendaient à l’extérieur dans la chaleur torride sans abri pendant des heures. Certains d’entre eux, incapables de payer pour les soins médicaux, se sont vu refuser tout traitement. En effet, les salaires modestes du personnel sont financés par l’État, mais les antibiotiques et d’autres médicaments ne le sont pas, et les médecins et les infirmières ne peuvent pas effectuer une intervention chirurgicale ou proposer d’autres traitements aux patients qui ne peuvent pas payer ces médicaments de base.

En 2010, suite à une réunion organisée par le Dr Patrick Dewavrin, un de nos membres du conseil d’administration à Paris, et le Dr Ammadou Milogo, le chirurgien de l’hôpital et son directeur, Le Korsa a établi un partenariat avec l’hôpital de Tambacounda et avec son personnel dévoué. Nous travaillons avec Mme Khady Guèye, une de ces personnes qui est une véritable partenaire du Korsa au Sénégal. Cet être humain remarquable, compatissante et astucieuse, qui dirige à elle seule le département des services sociaux de l’hôpital, a la lourde tâche de déterminer si les besoins d’un patient sont vraiment si désespérés – le patient ou sa famille n’ayant pas l’argent pour des médicaments – ou si les patients qui se disent pauvres ne pourraient pas, en réalité, régler les petites sommes nécessaires pour des analgésiques ou des médicaments sauvant la vie d’un patient atteint de malaria. Le Korsa offre à l’hôpital une subvention de 5000 dollars deux fois par an ; cette subvention est administrée par Mme Guèye, qui nous fournit tous les reçus pour les achats de médicaments. Nous avons contribué à moderniser son bureau en fournissant un ordinateur, une imprimante, un appareil photo numérique pour faciliter la gestion de son travail.

Nous avons récemment financé la rénovation de l’unité pédiatrique en payant pour la peinture, ainsi que pour de nouveaux éviers et des plans de travail. En outre, notre grand rêve pour l’hôpital s’est enfin réalisé. Suite à une première visite il y a dix ans, Nick Weber a désespérément tenté d’obtenir une seconde table d’opération et d’autres équipements pour l’hôpital Tambacounda. Un conteneur de matériel de Project C.U.R.E. destiné uniquement à l’hôpital, est enfin en attente d’être livré. Nous avons financé le conteneur et le transport, et nous sommes ravis d’avoir reçu la promesse de livraison de fournitures allant de gants chirurgicaux, d’incubateurs, de fauteuils roulants à cette table d’opération indispensable. À l’heure actuelle, les conteneurs renfermant du matériel de prévention du virus Ebola pour la Sierra Leone, la Guinée et le Libéria sont privilégiés, mais nous prévoyons la livraison du conteneur pour l’hôpital dans un très proche avenir.

Nous avons également réussi à ne pas être taxé des droits d’importation normalement imposés même sur les dons de bienfaisance, non seulement au nom de l’hôpital de Tambacounda, mais aussi pour les autres destinations que nous avons organisées. À cette fin, Nick a rencontré le ministre sénégalais de la santé à Dakar, et maintenant notre équipe possède les documents nécessaires à l’exemption de taxes, car ces frais n’auraient pas permis de recevoir ces généreuses donations qui sauvent des vies.